Analyse linéaire - Pot-Bouille - 1848 - Zola - « Une scène de vie domestique et sociale »
Texte de l'extrait étudié
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– Prenez garde ! ils nous écraseraient comme des chiens.
C’était la voiture des gens du second qui sortait. Les chevaux piaffaient sous la voûte, le père et la mère, au fond du landau, souriaient à leurs enfants, deux beaux enfants blonds, dont les petites mains se disputaient un bouquet de roses.
– Quel monde ! murmura le concierge furieux. Ils ne sont même pas allés à l’enterrement, de peur d’être polis comme les autres… Ça vous éclabousse, et si l’on
voulait parler pourtant!
– Quoi donc ? demanda madame Juzeur, très intéressée.
Alors, M. Gourd raconta qu’on était venu de la police, oui, de la police ! L’homme du second avait écrit un roman si sale, qu’on allait le mettre à Mazas .
– Des horreurs! continua-t-il, d’une voix écœurée. C’est plein de cochonneries surles gens comme il faut. Même on dit que le propriétaire est dedans; parfaitement,monsieur Duveyrier en personne ! Quel toupet!… Ah! ils ont bien raison de se cacher et de ne fréquenter aucun locataire ! Nous savons maintenant ce qu’ils fabriquent,avec leurs airs de rester chez eux. Et, vous voyez, ça roule carrosse, ça vend leurs ordures au poids de l’or!
Cette idée surtout exaspérait M. Gourd. Madame Juzeur ne lisait que des vers, Trublot déclarait ne pas se connaître en littérature. Pourtant, l’un et l’autre blâmaient le monsieur de salir dans ses écrits la maison où il abritait sa famille, lorsque des cris féroces, des mots abominables vinrent du fond de la cour.
– Grosse vache ! tu étais trop contente de m’avoir, pour faire sauver tes hommes!…
Tu entends, sacré chameau! je ne te l’envoie pas dire !
C’était Rachel, que Berthe renvoyait, et qui se soulageait dans l’escalier de service.
Tout d’un coup, chez cette fille muette et respectueuse, dont les autres bonnes elles- mêmes ne pouvaient tirer la moindre indiscrétion, une débondade avait lieu, pareille à la débâcle d’un égout.
C’était la voiture des gens du second qui sortait. Les chevaux piaffaient sous la voûte, le père et la mère, au fond du landau, souriaient à leurs enfants, deux beaux enfants blonds, dont les petites mains se disputaient un bouquet de roses.
– Quel monde ! murmura le concierge furieux. Ils ne sont même pas allés à l’enterrement, de peur d’être polis comme les autres… Ça vous éclabousse, et si l’on
voulait parler pourtant!
– Quoi donc ? demanda madame Juzeur, très intéressée.
Alors, M. Gourd raconta qu’on était venu de la police, oui, de la police ! L’homme du second avait écrit un roman si sale, qu’on allait le mettre à Mazas .
– Des horreurs! continua-t-il, d’une voix écœurée. C’est plein de cochonneries surles gens comme il faut. Même on dit que le propriétaire est dedans; parfaitement,monsieur Duveyrier en personne ! Quel toupet!… Ah! ils ont bien raison de se cacher et de ne fréquenter aucun locataire ! Nous savons maintenant ce qu’ils fabriquent,avec leurs airs de rester chez eux. Et, vous voyez, ça roule carrosse, ça vend leurs ordures au poids de l’or!
Cette idée surtout exaspérait M. Gourd. Madame Juzeur ne lisait que des vers, Trublot déclarait ne pas se connaître en littérature. Pourtant, l’un et l’autre blâmaient le monsieur de salir dans ses écrits la maison où il abritait sa famille, lorsque des cris féroces, des mots abominables vinrent du fond de la cour.
– Grosse vache ! tu étais trop contente de m’avoir, pour faire sauver tes hommes!…
Tu entends, sacré chameau! je ne te l’envoie pas dire !
C’était Rachel, que Berthe renvoyait, et qui se soulageait dans l’escalier de service.
Tout d’un coup, chez cette fille muette et respectueuse, dont les autres bonnes elles- mêmes ne pouvaient tirer la moindre indiscrétion, une débondade avait lieu, pareille à la débâcle d’un égout.
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